Le simulateur est basé sur l'article scientifique: A stochastic dynamic model of a dairy farm to evaluate the technical and economic performance under different scenarios, publié dans Journal of Dairy Science (2018). Voir la publication →
Les exploitations laitières doivent améliorer leur compétitivité en prenant des décisions souvent difficiles à évaluer, car fortement dépendantes de nombreux facteurs économiques et techniques. Ce projet visait à développer un modèle mathématique stochastique et dynamique pour simuler le fonctionnement d'une exploitation laitière et évaluer l'impact des variations de facteurs techniques ou économiques sur sa performance et sa rentabilité. Des sous-modèles ont été développés pour la reproduction, l'alimentation, les maladies, les génisses, les facteurs environnementaux, les installations, la gestion et l'économie. Tous ces sous-modèles ont été simulés individuellement pour chaque animal et au jour le jour. Des valeurs par défaut sont fournies pour toutes les variables, mais l'utilisateur peut les modifier. Le résultat fournit une liste d'indicateurs techniques et économiques essentiels à la prise de décision. La performance du programme a été vérifiée par l'évaluation des effets et l'analyse de sensibilité de différents scénarios dans 20 exploitations laitières. À titre d'exemple, une étude de cas a été menée sur une exploitation laitière de 300 vaches produisant 40 L/j et présentant un taux de gestation de 12 %. L'effet d'un protocole d'insémination artificielle à heure fixe (IATF) lors de la première insémination à 77 jours de lactation, avec des taux de conception respectifs de 45 % et 40 % pour les primipares et les vaches plus âgées, et un coût de 13 €, a été étudié. Au cours de la simulation sur 5 ans, l'IATF a augmenté le taux de conception (de 12 à 17 %) et la production laitière par vache (de 39,8 à 41,2 L/j), tout en réduisant le délai avant la première insémination (de 93 à 74 jours), l'intervalle vêlage-insémination (de 143 à 116 jours) et la proportion de vaches à problèmes (de 24,3 à 15,9 %). Avec l'IATF, le tarissement des vaches a été avancé de 30 jours, entraînant un plus grand nombre de vaches taries et une différence de production laitière moins marquée entre les vaches en lactation (35,5 L/j pour le groupe témoin et 36,0 L/j pour le groupe IATF). Une durée de vie productive plus longue (2,56 ans contre 2,79 ans) associée à des lactations plus courtes dans le cadre de l'insémination artificielle avec insémination (IAI) a entraîné une diminution du nombre de vaches en première lactation (42 % contre 36 %), 32 vêlages supplémentaires par an et, par conséquent, une augmentation des cas de maladies post-partum. Les taux de réforme totaux (32,5 % contre 29,9 %) et de réforme pour raisons de reproduction (10,5 % contre 6,8 %) ont diminué dans le cadre de l'IAI. Globalement, la marge nette était de 245 € et 309 € par vache et par an respectivement pour les groupes témoin et IAI. La marge nette de l'IAI diminue à mesure que le taux de reproduction de l'exploitation augmente, avec un bénéfice limité pour un taux de reproduction de 30 %. Ce modèle constitue un outil web performant permettant d'explorer les conséquences à court et moyen terme des décisions techniques et économiques sur la viabilité économique des exploitations laitières.
Mes activités de recherche ont débuté lors de mon doctorat, portant sur la production des ruminants et la fermentation ruminale (2001-2005). J'ai ensuite participé à des projets étudiant le mode d'action des levures chez les ruminants et les monogastriques (2005-2008). Depuis 2008, je travaille dans le domaine de la nutrition et du bien-être animal. Actuellement, mes recherches portent sur les additifs alimentaires destinés à améliorer la santé intestinale et la productivité des bovins, des porcs et des animaux de compagnie ; sur l'évaluation des sous-produits pour améliorer l'efficacité alimentaire des porcs, des poulets de chair et des bovins de boucherie ; sur les systèmes de litière compostée pour améliorer le bien-être des vaches laitières ; et sur les simulateurs informatiques pour les élevages laitiers et porcins. Je m'intéresse également aux fermes intelligentes, notamment en matière de nutrition, de gestion et de bien-être animal.